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BREXIT :

L'analyse de Milleis Banque

Avec l'organisation d'élections législatives le 12 décembre prochain en Grande-Bretagne, c'est une séquence importante du film du Brexit qui se prépare.

Depuis le référendum de 2016 lors duquel les britanniques ont voté pour quitter l'Union Européenne (UE), le BREXIT a rythmé non seulement la vie politique de l'Europe mais aussi les marchés financiers! Dans notre analyse, nous revenons sur les temps forts du BREXIT et sa chronologie et partageons nos perspectives quant aux prochaines étapes d'une possible sortie avec accord.

DATES CLÉS


23 juin 2016 : les britanniques votent par référendum à 52% pour la sortie de l'Union européenne (UE).
13 novembre 2018 : le premier accord de Brexit est trouvé par le Royaume-Uni et l'UE après 17 mois de négociations.
29 mars 2019 : le Parlement britannique rejette pour la troisième fois l'accord de divorce négocié par Theresa May avec l'UE.
11 avril 2019 : l'UE accorde un deuxième report du Brexit à Londres jusqu'au 31 octobre 2019.
7 juin 2019 : Theresa May démissionne de la direction du Parti conservateur et par conséquent de son rôle de chef du gouvernement.
23 juillet 2019 : Boris Johnson est élu Premier ministre
29 octobre 2019 : Après plusieurs tentatives, Boris Johnson obtient l'organisation d'élections législatives anticipées pour le 12 décembre.


Si la question d'une sortie sans accord a pu se poser, les derniers évènements permettent d'en éloigner la probabilité et apaisent les craintes, créant une répercussion positive sur les marchés financiers et un rebond sensible de la livre sterling.



Cependant, le chemin risque d'être encore long avant de connaître les modalités du nouvel accord de libre-échange avec l'UE, son principal marché d'exportation, et de mesurer les conséquences économiques pour les deux zones. Rappelons que l'idée initiale de créer un territoire douanier unique a été écartée, et qu'un accord de libre-échange constitue un régime moins favorable que la situation actuelle. Les scénarios envisageables sont multiples mais les incertitudes vont progressivement s'estomper, améliorant la perception des investisseurs du marché anglais et réduisant la prime de risque appliquée sur ces actifs qui présentent des atouts :


  • Une croissance économique attendue en hausse de 1.4% en 2020 par le FMI (Fonds Monétaire International).
  • Des bénéfices des entreprises en progression de 6.9% en 2020 après un recul en 2019.
  • Une valorisation attractive en relatif à la zone euro à 12.6x les bénéfices attendus en 2020.
  • Un niveau de rendement des dividendes parmi les plus élevés à 4.8%.



Les taux d'intérêts devraient quant à eux rester bas du fait de ce contexte économique de croissance et d'inflation modérée. La banque centrale anglaise devrait en outre maintenir une politique monétaire accommodante en soutien à l'économie britannique.


Dates et faits à retenir

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   Accord du 17 octobre 2019

Le Royaume-Uni et l'UE ont annoncé jeudi 17 octobre 2019 un nouvel accord de sortie qui a été validé dans la foulée par le Conseil européen :

L'accord prévoit une union douanière britannique qui inclut l'Irlande du Nord.

  • Cette union douanière verra le jour après une période de transition pendant laquelle le Royaume-Uni restera membre de l'union douanière européenne au moins jusqu'à la fin de 2020 et au plus tard jusqu'à la fin de 2022 et devra négocier un accord de libre-échange avec l'UE.

  • Le nouvel accord ne prévoit plus de "backstop", filet de sécurité qui maintient le Royaume-Uni dans un territoire douanier avec l'Union européenne.

  • L'accord prévoit un statut spécial de l'Irlande du Nord.

  • Possibilité d'appliquer certaines règles européennes fixées dans le cadre du marché intérieur communautaire (exemple : la TVA sur les produits de première nécessité).

  • Un mécanisme de "consentement" pendant une période de 4 ans sera accordé aux autorités nord-irlandaises qui pourront décider de l'application de certaines règles de l'UE sur leur territoire.

  • Pas de retour de la frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande. L'accord de paix du Vendredi saint signé le 10 avril 1998 sera respecté.


L'accord prévoit des droits de douanes différenciés :

  • Ce qui relève des droits de douanes britanniques : les marchandises qui restent dans le Royaume-Uni.

  • Ce qui relève des droits de douanes européens : les marchandises qui vont de l'Irlande du Nord vers l'Union Européenne.

  • Des contrôles douaniers sur les biens se feront à l'entrée sur le territoire nord-irlandais et non à la frontière avec la République d'Irlande.

  • Un comité joint devra établir une série de critères afin de déterminer quelles marchandises sont considérées comme "risquant" d'entrer dans le marché commun.
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   Processus de ratification et de report

19/10/2019 : l'accord n'est pas ratifié par le Parlement anglais car les députés rejettent la procédure accélérée de ratification imposée et le 1er ministre envoie une lettre de report.

  • Adoption de l'amendement Letwin qui oblige à reporter le vote des députés sur l'accord de Brexit négocié par Boris Johnson.

  • Application du « Benn Act » (loi votée en septembre) qui contraint le 1er ministre à demander à Bruxelles un report du Brexit en cas de non validation de l'accord par la Chambre des Communes avant le 19 octobre à minuit.


28/10/2019: les 27 pays membres de l'UE ont donné leur feu vert pour un 3ème report de la date de sortie, un report dit « flexible » jusqu'au 31 janvier 2020 (date butoir) mais avec la possibilité de quitter l'UE au 30 novembre ou au 31 décembre en cas de ratification de l'accord avant ces échéances.


29/10/2019: Après plusieurs tentatives, Boris Johnson obtient l'organisation d'élections législatives anticipées pour le 12 décembre grâce au soutien du Parti travailliste de Jeremy Corbyn qui a fini par voter en faveur de ce scrutin estimant que le risque d'un Brexit sans accord est exclu grâce au report.

  • Le chef du gouvernement britannique souhaite ainsi renforcer sa majorité au sein du Parlement afin de faire ratifier plus rapidement son accord.

  • La période de campagne électorale a commencé, chaque parti peut jusqu'au 14 novembre inscrire ses candidats.


Source : Milleis – 21 novembre 2019




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