Marchés financiers : quelles leçons tirer du premier semestre 2026 ?

Les marchés financiers ont connu une forte volatilité au cours du premier semestre, en raison du conflit au Moyen-Orient opposant les États-Unis à l'Iran. Ce dernier a entraîné une hausse des prix de l'énergie, alimentant les craintes de rebond de l'inflation et de ralentissement de l'activité économique. Dans ce contexte, les prévisions de croissance ont été revues à la baisse pour 2026, en particulier pour les zones dépendantes des importations pour leur approvisionnement énergétique. Le marché des actions mondiales a néanmoins enregistré une forte progression, portée par les espoirs de paix et les valeurs technologiques des semi-conducteurs, soutenues par des révisions positives de bénéfices. Dans cet environnement économique et financier incertain, diversifier son patrimoine est essentiel pour améliorer sa performance et réduire l'impact de la volatilité.


Quel bilan peut-on dresser des marchés au premier semestre 2026 ?

  • Les actions mondiales ont nettement progressé sur le semestre malgré le contexte géopolitique, l'indice mondial progresse de 10,4% en dollars depuis le début de l'année.
  • Le conflit entre les États-Unis et l'Iran a entraîné une forte progression des cours du pétrole, passant de 72$ le baril de Brent à un pic de 120$ avant de refluer sous les 75$ après l'annonce d'un protocole d'accord.
  • Les actions de la zone euro ont progressé de 9,3% en euros sur le semestre, pénalisées en début d'année par la dépendance énergétique de la région. L'avancée des négociations a permis un rebond de l'indice, alimenté notamment par les valeurs cycliques des secteurs industriel, financier et de la consommation discrétionnaire.
  • L'indice CAC 40 affiche une performance plus contrastée à +3,1% en euros depuis le début de l'année. Sa composition sectorielle lui a été défavorable. Les valeurs de consommation, davantage représentées au sein de l'indice, ont pâti des tensions inflationnistes liées à la hausse des prix de l'énergie.
  • Les indices américain S&P 500 et émergent sont en hausse respectivement à 9,6% et 22,7% en dollars depuis le début de l'année. Les grandes valeurs technologiques de semi-conducteurs ont soutenu la performance grâce à de solides résultats trimestriels et des révisions haussières de bénéfices. Le cycle d'investissement dans les infrastructures d'intelligence artificielle (IA) se poursuit, sous l'impulsion des hyperscalers qui ont relevé leur enveloppe d'investissement à plus de 700 milliards de dollars pour 2026.

Le marché obligataire demeure volatil

Le marché obligataire demeure volatil, avec des obligations d'État affectées par des perspectives de dégradation des finances publiques. Les solides situations financières des entreprises profitent aux obligations d'entreprises, qui offrent des rendements attractifs.

En dépit d'un climat d'incertitude élevé, l'or n'a pas bénéficié de son statut de valeur refuge. Le métal a reculé de 7,1% sur le semestre en raison des pressions inflationnistes et de la hausse du dollar.

Quels sont les impacts économiques du conflit au Moyen-Orient ?

Avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, l'économie mondiale affichait des signes encouragants de reprise. Le Fonds monétaire international (FMI) avait ainsi revu à la hausse, en janvier, sa projection de croissance mondiale pour 2026, la portant à +3,3%, avant de la réviser à la baisse début avril, à +3,1%, en réponse aux nouvelles tensions géopolitiques. La croissance pour la zone euro a été revue à la baisse de +1,2% à +0,8%.

Les tensions persistantes au Moyen-Orient ont alimenté une remontée des prix du pétrole, exerçant une pression notable sur l'inflation. Aux États-Unis, celle-ci a connu une forte accélération, progressant de +2,7% en fin d'année 2025 à +4,2% en mai. L'inflation en zone euro a rebondi de +2,0% en décembre à +2,8% en juin.

L'annonce d'un protocole d'accord ouvrant la voie aux négociations et la réouverture du détroit d'Ormuz ont permis une nette détente des cours du pétrole, susceptible de modérer la dynamique inflationniste.

Confrontée à une résurgence des pressions inflationnistes, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux directeurs de 0,25% lors de sa réunion de juin après un an de statu quo. Le principal taux directeur de l'institution européenne est désormais à 2,25%.

Outre-Atlantique, la remontée de l'inflation a contraint la Réserve fédérale américaine (Fed) à interrompre son cycle de baisse des taux et à maintenir ses taux directeurs dans la fourchette de 3,50% à 3,75%. Le marché du travail reste à ce stade robuste, avec un taux de chômage stable à 4,3% et des créations d'emplois supérieures aux attentes.

D'après le consensus, la Fed et la BCE pourraient à nouveau relever leurs taux directeurs en 2026 dans un contexte marqué par la hausse de l'inflation, conjuguée à une résilience de l'économie aux États-Unis.

Dans ce contexte, quelles classes d'actifs pour optimiser son patrimoine ?

Au cours de la période de négociations entre l'Iran et les États-Unis, l'environnement reste incertain et source de volatilité. Notre approche demeure de bien diversifier son patrimoine entre les différentes classes d'actifs cotés et non cotés.

Dans le domaine des actions, nous recommandons de maintenir une large diversification géographique entre les actions européennes, américaines et émergeantes afin de limiter les impacts des tensions géopolitiques. Une diversification thématique est également à envisager au sein des actions afin de profiter des thèmes porteurs tels que l'intelligence artificielle et la transition énergétique.

Les obligations d'État et d'entreprise de la zone euro apportent un rendement attractif supérieur au taux d'inflation et au monétaire. Les obligations américaines et émergeantes sont attractives avec des rendements plus élevés qu'en zone euro. Notre approche est de privilégier les fonds qui sont moins risqués que des obligations en direct.

Le fonds en euros est une alternative intéressante aux obligations dans son contrat d'assurance-vie d'autant qu'il profite du niveau attractif des rendements obligataires.

Le monétaire constitue une réserve de liquidités pour profiter de la volatilité des marchés et saisir des opportunités d'investissement à moyen et long terme.

Les actifs non cotés avec les SCPI et le Private Equity sont moins volatils que les actifs cotés et aussi moins liquides. Ils diversifient le patrimoine vers des actifs non accessibles en direct.




Cette page a été publiée le 03/07/2026