Flash Spécial Conflit au Moyen-Orient / Point au 15/06/2026
Contexte géopolitique au Moyen-Orient
Les États-Unis et Israël ont lancé le 28 février 2026 une opération militaire contre l’Iran avec pour objectif d’empêcher ce dernier de reconstruire son programme nucléaire et de développer ses capacités balistiques. L’Iran a répliqué en ciblant des bases militaires et énergétiques dans le golfe Persique.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz, fait l'objet d'une fermeture partielle depuis le début du conflit.
Le 8 avril 2026, les États-Unis ont annoncé un cessez-le-feu de 15 jours avec l’Iran ouvrant la voie aux négociations. Ce cessez-le-feu a été prolongé pour une durée indéterminée le 21 avril 2026.
Le 14 juin, un accord de paix est annoncé par le médiateur pakistanais. Ce protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran devrait être signé le 19 juin en Suisse et comprendrait notamment l’arrêt immédiat et permanent des opérations militaires sur tous les fronts, la réouverture du détroit d’Ormuz ainsi que la levée du blocus naval américain.
Des points sensibles restent toutefois à finaliser. Cet accord-cadre ouvre la voie à des négociations au cours des 60 prochains jours sur les sujets les plus contestés : l'enrichissement du nucléaire iranien, le contrôle du détroit d'Ormuz et le dégel des avoirs iraniens détenus à l'étranger.
Les impacts économiques et financiers
Pétrole
Le blocage du détroit d’Ormuz avait provoqué une forte hausse du prix du pétrole de 72$ jusqu’à 120$ le baril de Brent. Les négociations et l’annonce de l’accord ont entraîné une détente du prix du baril à 83$, un point bas depuis mi-mars.
Des mesures avaient été prises pour limiter la hausse telles que la libération de 400 millions de barils des réserves stratégiques de pétrole par l’Agence internationale de l’énergie, la levée temporaire des sanctions contre le pétrole russe et iranien ainsi que l’utilisation des oléoducs de la péninsule arabique pour contourner le détroit d’Ormuz.
L’économie
Depuis le début du conflit, le Fonds monétaire international a revu à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour 2026 à 3,1% après 3,4% en 2025.
L'inflation a accéléré depuis début mars, portée par la hausse des prix de l'énergie, atteignant en mai 4,2% aux États-Unis et 3,2% en zone euro.
En réaction, la Banque centrale européenne a relevé son taux directeur de 0,25% pour le porter à 2,25%. La Réserve fédérale américaine a privilégié le statu quo avant sa réunion du 17 juin.
La signature de l'accord entre les deux parties devrait atténuer les tensions inflationnistes grâce au recul des prix de l'énergie, écartant ainsi le risque de stagflation : croissance atone et inflation élevée.
L’impact sur les actions reste dépendant de la signature effective de l’accord et devrait être différent selon les secteurs :
Les secteurs liés à l’énergie, qui avaient profité de l’escalade, pourraient rendre une partie de leurs gains.
Les secteurs cycliques (financiers, consommation discrétionnaire) davantage pénalisés pendant le conflit, pourraient rebondir avec la reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz.
Les secteurs défensifs (télécommunications, services aux collectivités) pourraient être pénalisés dans un contexte de retour de l’appétit pour le risque.
Les rendements des obligations pourraient baisser, par anticipation d’un repli de l’inflation grâce au recul des prix du pétrole.
Le dollar, après avoir profité de son statut de valeur refuge, pourrait désormais s'orienter à la baisse à mesure que les incertitudes s'estompent.
Notre approche :
En amont de la finalisation de l’accord, l’environnement reste incertain et source de volatilité. Notre approche demeure de bien diversifier son patrimoine entre les différentes classes d’actifs cotés et non cotés.
Les actions sont l’actif le plus performant dans la durée mais aussi le plus volatil. Cette volatilité peut être atténuée grâce à la diversification géographique et sectorielle.
Les obligations apportent un rendement attractif supérieur au taux d’inflation en zone euro.
Le monétaire constitue une réserve de liquidités pour saisir des opportunités en cas de regain de volatilité.
Le fonds euro est une alternative intéressante dans son contrat d’assurance-vie.
Les actifs non cotés, avec les SCPI et le Private Equity, sont moins volatils que les actifs cotés et aussi moins liquides. Ils diversifient le patrimoine vers des actifs non accessibles en direct.
Les produits structurés apportent un rendement supérieur aux rendements obligataires mais avec un profil de risque plus élevé, qui peut être atténué avec des mesures de protection ou de garantie en capital à l’échéance selon la formule utilisée.