Conflit au Moyen-Orient : impact sur les marchés et l’économie
Contexte géopolitique au Moyen-Orient
- Les États-Unis et Israël ont lancé le 28 février 2026 une opération militaire contre l’Iran avec pour objectif d’empêcher ce dernier de reconstruire son programme nucléaire et de développer ses capacités balistiques.
- L'Iran a répliqué le même jour contre des cibles en Israël et les bases militaires américaines dans le golfe Persique au Qatar, au Koweït, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn.
- Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz, fait l'objet d'une fermeture partielle depuis le début du conflit.
- Les infrastructures pétrolières et gazières de la région ont été ciblées par des frappes, provoquant une diminution de la production.
- Le 24 mars 2026, en vue d'aboutir à une résolution du conflit, les États-Unis ont proposé à l'Iran un plan de paix en 15 points, qui comporte plusieurs volets dont l’arrêt du programme nucléaire à des fins militaires et la réouverture du détroit d’Ormuz.
- Le 8 avril 2026, les États-Unis ont annoncé un cessez-le-feu de 15 jours avec l’Iran ouvrant la voie aux négociations. Ce cessez-le-feu a été prolongé pour une durée indéterminée le 21 avril 2026.
- Depuis, les négociations entre les deux parties se poursuivent, tandis que le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz demeure fortement perturbé.
Les prix de l'énergie
- Le conflit au Moyen-Orient a provoqué une forte hausse du prix du pétrole de 72$ jusqu’à 120$ le baril de Brent. Le prix du gaz européen est passé de 32€ jusqu’à 67€, largement inférieur au point haut de 2022 à 330€.
- Des mesures ont été prises pour limiter la hausse telles que la libération de 400 millions de baril des réserves stratégiques de pétrole par l’Agence internationale de l’énergie, la levée temporaire des sanctions contre le pétrole russe et iranien ainsi que l’utilisation des oléoducs de la péninsule arabique pour contourner le détroit d’Ormuz.
- Le cessez-le-feu et les négociations ont permis une détente des prix de l’énergie. Le prix du pétrole Brent a baissé de 120$ au plus haut à 98$ et le prix du gaz de 67$ à 43$.
Graphique : Évolution du prix du pétrole Brent

Les marchés financiers
- Les marchés actions ont connu un net rebond de la volatilité, les investisseurs anticipant un ralentissement de l’économie et des bénéfices d’entreprises.
- Le cessez-le-feu a permis aux actions mondiales de rebondir après une baisse entre le plus haut niveau avant le conflit et le plus bas d’environ 10%.
- L’évolution des actions a été différente selon les secteurs :
- Les secteurs liés à l’énergie profitent de la hausse des prix du pétrole et les secteurs défensifs tels que les télécommunications et les services aux collectivités se comportent mieux dans les phases d'incertitude accrue, lorsque les perspectives d'un accord s'éloignent.
- Les secteurs cycliques comme les banques, l’automobile et la construction ont été les plus impactés en réaction aux craintes de ralentissement économique. Toutefois, lorsque des signaux d'apaisement émergent et qu'une résolution du conflit paraît plus probable, ces secteurs rebondissent nettement.
- Les marchés obligataires ont aussi été volatils. Les rendements obligataires ont dans un premier temps fortement augmenté pour ensuite se détendre avec le cessez-le-feu : le rendement de l'OAT 10 ans est passé de 3,20% avant le conflit à près de 3,9% au plus haut pour redescendre à 3,6%. Les marchés anticipent une aggravation des finances publiques et une hausse de l’inflation.
La croissance
- L’économie mondiale se redressait progressivement avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le Fonds monétaire international (FMI) relevant en janvier sa prévision de croissance de l’économie mondiale pour 2026 à 3,3%.
- Le FMI a abaissé début avril sa prévision de croissance mondiale de 3,3% à 3,1% pour 2026 dans l’hypothèse d’un conflit de courte durée, la hausse des prix de l'énergie pesant sur les marges des entreprises et sur le pouvoir d'achat des ménages.
- La croissance pour la zone euro a été revue à la baisse de 1,2% à 0,8%.
PIB réel, variation annuelle en pourcentage
Source : FMI, Milleis
| Croissance du PIB en volume |
2025 |
2026 |
2027 |
| Monde |
3,4 |
3,1 |
3,2 |
| États-Unis |
2,1 |
2,3 |
2,1 |
| Zone euro |
1,4 |
1,1 |
1,2 |
| Allemagne |
0,2 |
0,8 |
1,2 |
| France |
0,9 |
0,9 |
0,9 |
| Royaume-Uni |
1,3 |
0,8 |
1,3 |
| Japon |
1,2 |
0,7 |
0,6 |
| Chine |
5,0 |
4,4 |
4,0 |
| Inde |
7,6 |
6,5 |
6,5 |
| Brésil |
2,3 |
1,9 |
2,0 |
| Russie |
1,0 |
1,1 |
1,1 |
L’inflation
- Après plusieurs années de forte désinflation, le conflit a provoqué un rebond de l'inflation sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie. Dans la zone euro, celle-ci est passée de 1,9% en février à 3,0% en avril et de 2,4% en février à 3,3% en mars aux États-Unis.
- La Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (FED) ont revu à la hausse leurs prévisions d’inflation pour 2026, de 1,9% à 2,6% en zone euro par la BCE et de 2,4% à 2,7% aux États-Unis par la FED.

Les politiques monétaires
- Les banques centrales ont engagé un cycle de baisse des taux directeurs en 2024 après la forte baisse de l’inflation. Face au regain d’inflation, la FED et la BCE ont décidé dans l’immédiat de ne pas modifier leur politique monétaire, le temps de voir plus clair sur les répercussions du conflit sur l’économie.
- La BCE pourrait ultérieurement procéder à une ou deux hausses en raison d’une inflation trop élevée par rapport à l’objectif.
- La Fed pourrait prolonger son statu quo avant de reprendre son cycle d'assouplissement monétaire, une fois les pressions inflationnistes dissipées.

En conclusion, l'impact économique du conflit dépendra en grande partie de la durée du blocage du détroit d'Ormuz. Un blocage prolongé entraînerait moins de croissance et plus d’inflation qu’anticipé aujourd’hui.
Dans le contexte actuel d’incertitude géopolitique et économique, les marchés pourraient rester volatils et encourager les investisseurs à mettre en place une stratégie d’investissement diversifiée entre les différentes classes d’actifs, les géographies et les secteurs.
Cette page a été publiée le 11/05/2026