Comprendre l’avance sur assurance-vie

Dans un environnement où des besoins de trésorerie peuvent surgir de manière imprévue (travaux, acquisition immobilière, dépenses familiales…), il peut être tentant de « casser » son assurance-vie pour récupérer des liquidités. Pourtant, ce réflexe n’est pas toujours le plus judicieux.

L’avance sur assurance-vie offre une alternative souvent pertinente, en particulier pour les patrimoines déjà constitués.

L’avance : un crédit adossé à votre contrat

L’avance est un prêt accordé par l’assureur au titulaire du contrat d’assurance-vie. La plupart des contrats permettent au souscripteur d’en bénéficier, à condition que l’épargne disponible soit suffisante.

Le montant accordé correspond à une partie de vos avoirs : en règle générale, jusqu’à environ 80 % de la valeur de rachat pour les supports en euros, et autour de 60 % pour les unités de compte. Ces valeurs peuvent varier selon les contrats. Pour plus de détails, reportez-vous aux conditions générales de votre contrat d’assurance-vie.

L’assureur applique un taux d’intérêt spécifique, défini dans le contrat. Il est souvent indexé sur un indicateur de marché (taux moyen des emprunts d’État, rendement du fonds en euros…) majoré des frais de gestion, et peut être révisé chaque année.

Un moyen de préserver votre contrat et son antériorité

Contrairement à un rachat, l’avance ne décollecte pas votre épargne :

  • Le capital reste investi sur votre contrat.
  • Il continue à produire des intérêts ou des performances financières.
  • Vous conservez l’antériorité fiscale de votre assurance-vie.

Les revenus générés par votre contrat peuvent ainsi compenser partiellement le coût du crédit, surtout si l’horizon de placement reste long. Par ailleurs, l’avance est sans fiscalité : pas d’impôt sur le revenu, pas de prélèvements sociaux sur la somme avancée, puisqu’il s’agit d’un prêt et non d’un retrait.

Ce mécanisme s’avère particulièrement intéressant pour les séniors : il permet de faire face à un besoin de liquidités sans remettre en cause l’avantage successoral du contrat, ni subir les contraintes parfois plus fortes d’un crédit bancaire classique (limites d’âge, assurance emprunteur, etc.).

Un outil souple, mais réglementé

L’avance se distingue également par sa souplesse de remboursement :

  • Il n’y a généralement pas d’échéancier mensuel imposé.
  • La somme doit être remboursée dans un délai de l’ordre de 3 ans.
  • Ce délai peut parfois être renouvelé, dans la limite de 9 ans au total.

Au-delà, ou en cas d’absence de remboursement, l’avance est assimilée à un rachat partiel : elle devient alors soumise à la fiscalité applicable aux retraits. En cas de décès du souscripteur, le montant de l’avance non remboursée est simplement déduit du capital versé aux bénéficiaires, sans fiscalité spécifique additionnelle.

Avance ou rachat : un arbitrage à apprécier au cas par cas

Face à un besoin de liquidité (dépense imprévue, baisse temporaire de revenus, attente de la vente d’un bien immobilier, règlement de droits de succession…), plusieurs options coexistent donc :

  • Le rachat d’assurance-vie, qui permet de récupérer définitivement une partie du capital, au prix d’une fiscalité immédiate et d’une réduction du capital investi.
  • L’avance, qui préserve le contrat et son potentiel de performance, mais crée une dette à rembourser dans un délai déterminé.

L’avance sur assurance-vie est donc un outil de gestion patrimoniale à part entière, qui doit être manié avec discernement. Pour savoir si ce dispositif est adapté à votre situation, votre Banquier Privé Milleis est à votre disposition pour en analyser les avantages, les coûts et les alternatives, dans le cadre de votre stratégie patrimoniale.



Cette page a été publiée le 12/01/2026