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Le Point Marchés au 2ème trimestre 2019

Le premier semestre s'achève sur un retour des principales Bourses Mondiales à des niveaux de progression proches des plus hauts atteints à la fin du mois d'Avril. Les déclarations accommodantes des banques centrales de part et d'autre de l'Atlantique au mois de juin ont favorisé un repli historique des taux d'intérêt bénéficiant aux placements obligataires et aux actions. Entre-temps le mois de mai aura connu une phase de consolidation alimentée par les craintes liées aux tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

Aux USA, les marchés ont aussi été rythmés par les annonces concernant le commerce international, l'espoir d'un compromis reprenant des couleurs à l'occasion du sommet du G20 en toute fin de période. On peut voir dans cette escalade une lutte pour la suprématie entre les deux premières puissances économiques mondiales. Le Mexique a également été visé par une majoration des droits de douane avant qu'un accord ne soit trouvé pour le contrôle des flux migratoires. Les institutions internationales signalent la montée des incertitudes qui pèsent sur la croissance du fait des mesures protectionnistes. L'OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques) revoit en baisse sa prévision pour la croissance mondiale à 3.2%. Sa prévision est toutefois ajustée à la hausse pour les Etats-Unis à 2.8%. La confiance des entreprises américaines quoique moins vigoureuse reste en territoire d'expansion, et le niveau des ventes au détail montre la résilience de la consommation. Dans ce contexte, la Réserve fédérale a de nouveau infléchi sa politique monétaire fin juin, laissant entendre qu'un assouplissement interviendrait prochainement si la situation économique le nécessitait. La détente de l'inflation et des taux d'intérêt offrant des conditions de financement avantageuses ont entraîné le regain d'appétit pour les actifs à risque.

En Europe les perspectives de croissance de la zone euro ont été revues en hausse à 1,2% (+0.2%) et restent inchangées en France à 1,3%. La croissance des bénéfices des entreprises est attendue en progression de 5,9% pour 2019. Les indicateurs de confiance restent en territoire d'expansion bien que le secteur manufacturier se comporte moins bien que les services. Le rythme des créations d'emploi progresse tandis que les salaires se redressent un peu. La faiblesse de l'inflation persiste à 1,2% en mai, malgré certaines tensions sur le marché du travail.
L'Europe est aussi exposée à certains enjeux.
En Grande Bretagne, Theresa May a démissionné faute d'avoir pu faire voter par les Communes l'accord sur le Brexit signé avec l'Union Européenne. La procédure d'élection d'un nouveau Premier Ministre est ouverte alors que la date du Brexit est repoussée au 31 octobre 2019 par le Conseil européen, et que progresse le risque d'une sortie sans accord.
En Allemagne, l'économie est plus exposée aux risques actuels, du fait d'un modèle de croissance tourné vers l'exportation et par le poids important de l'industrie. En outre le secteur automobile pâtit des menaces tarifaires des Etats Unis et de difficultés spécifiques.

L'Italie est confrontée à l'Union Européenne sur les questions budgétaires et de l'endettement, au risque de tensions sur le marché obligataire.
Dans ce contexte, la BCE adapte sa politique monétaire à la faiblesse de la croissance et de l'inflation et aux risques extérieurs. Après avoir reporté à 2020 la première hausse de ses taux et étendu sa politique de réinvestissement d'achats d'actifs, elle adopte en juin un biais visant à utiliser tous les instruments à sa disposition et franchit le 18 juin une nouvelle étape indiquant qu' « en l'absence d'amélioration (..) un stimulus additionnel sera requis », ouvrant la porte à de possibles baisses de taux.

L'évolution du marché japonais connaît une reprise dans la lignée de celle des principales Bourses Mondiales. La croissance a progressé de 2.2% en variation annualisée au premier trimestre, et les indicateurs de confiance sont stables. La banque centrale a confirmé sa politique très accommodante, précisant que celle-ci pourrait être assouplie en cas de montée du risque.

L'actualité des pays émergents a été dominée par les rebondissements de la guerre commerciale opposant les Etats Unis à la Chine, les hausses de tarifs annoncées ou projetées par D. Trump et le rappel par les chinois de leurs capacités de riposte, déstabilisant ainsi la zone. La rencontre entre Xi Jinping et D. Trump en marge du G20 d'Osaka fin juin, réduit la probabilité d'une aggravation des sanctions à court terme, sans pourtant revenir sur les tarifs existants.
En Chine, le ralentissement de l'économie se poursuit et devrait nécessiter des mesures de soutien et de nouveaux assouplissements de la Banque Centrale.
En Inde la victoire du parti nationaliste indien, et la réélection de Narendra Modi pourrait permettre la poursuite des réformes engagées par le gouvernement Modi.
Au Brésil la Banque Centrale maintient une politique accommodante souhaitant l'adoption de réformes structurelles comme celle des retraites, afin de redresser les finances publiques et stabiliser la dette souveraine.

Le scénario de la croissance mondiale modérée se confirme. Les indicateurs de confiance se replient aux Etats-Unis alors qu'ils se redressent en zone euro et se stabilisent en Chine. La croissance des bénéfices des entreprises est attendue en progression de 3% aux Etats-Unis, et supérieure à 5% en zone euro et dans les pays émergents.