Coronavirus : Quelles sont les valeurs refuges en temps de crise ?

L’or, le franc suisse ou le yen sont traditionnellement des valeurs sûres en période agitée.
Par ailleurs, certaines valeurs boursières défensives résistent mieux à l’effondrement des marchés et d’autres encore profitent spécifiquement de la crise du Covid-19.

Durant les périodes de crise, les investisseurs ont tendance à placer leurs avoirs sur des actifs moins risqués, c’est-à-dire ceux qui ont démontré leur résistance aux cycles économiques, afin de protéger leur capital. Ainsi, pour les économistes, voir le cours de l’or s’envoler n’est jamais de bon augure : sa valeur reflète la confiance des investisseurs dans l’avenir des valeurs boursières et des monnaies. Dès que les signes d’une crise apparaissent, la valeur du métal précieux s’envole. « C’est un mécanisme observé à chaque crise économique », explique Jean-Patrice Prudhomme, Directeur Marchés, Conseil et Gestion chez Milleis Banque. À une exception près : la crise financière de 2008. « À l’époque, la crise était tellement forte que les investisseurs n’avaient même pas la possibilité de reporter des liquidités sur l’or et le cours a atteint son plus bas en octobre 2008 à 668 dollars l’once », détaille l’expert. Aujourd’hui, l’or joue pleinement son rôle de valeur refuge et a vu son cours s’apprécier de 15 % entre mi-décembre et fin avril pour atteindre 1 683 dollars l’once. « Avec la crise actuelle, les banques centrales ont réagi très vite en achetant massivement des obligations, ce qui a permis d’apporter de la liquidité aux marchés », souligne Jean-Patrice Prudhomme.

Les bons du Trésor helvète ou américain

Autres valeurs refuges recherchées à chaque crise économique : les emprunts d’État ayant de solides fondamentaux, ce qu’on appelle le « flight to quality » (fuite vers la qualité). « En période de crise, les investisseurs recherchent aussi les emprunts d’État ayant une bonne notation, même si les rendements sont très bas », explique Jean-Patrice Prudhomme.

C’est le cas de la Suisse, notée AAA par les agences de notation et dont l’endettement est estimé à 30 % du PIB. Pour acheter des bons du Trésor helvète, les investisseurs ont dû se procurer des francs suisses, dont la valeur s’est appréciée de 3 % depuis janvier. « Les obligations suisses sont recherchées malgré un taux à dix ans négatif, soit à -0,28 %. Cela signifie que les investisseurs paient l’État suisse pour détenir sa dette », précise Jean-Patrice Prudhomme. On observe le même phénomène avec les bons du Trésor américain, qui présentent l’avantage d’être particulièrement liquides, ce qui est utile dans les périodes de très forte volatilité sur les marchés d’actions et du crédit.

Le yen est aussi historiquement considéré comme une valeur refuge et s’est apprécié de 3 % depuis le mois de janvier. « Le cas du Japon est un peu différent », modère Jean-Patrice Prudhomme. « Malgré un taux d’endettement proche de 200 %, les obligations japonaises sont considérées comme une valeur refuge, car cette dette est majoritairement détenue par les banques et les ménages japonais », toujours selon l’expert.

Les valeurs qui « profitent » du coronavirus

À côté de ces valeurs refuges « traditionnelles », certains secteurs peuvent se montrer plus résilients à l’effondrement des marchés à l’occasion de la crise du coronavirus. Parmi ces valeurs conjoncturellement défensives, on trouve la santé . « Ce secteur combine à la fois des tendances structurellement positives, comme l’amélioration du niveau de vie, mais aussi une certaine résilience dans ce contexte de crise sanitaire avec pour certains laboratoires des opportunités liées à un positionnement thérapeutique favorable », explique Jean-Patrice Prudhomme. Les Télécoms tirent aussi leur épingle du jeu. En effet, ce secteur bénéficie de revenus défensifs non impactés par l’épidémie (pas de choc de la demande) et qui devraient augmenter grâce à la période de confinement qui encourage le télétravail et la consommation d’Internet.

Le secteur agroalimentaire a lui conservé son caractère défensif. « Même si la croissance a quelque peu ralenti, les consommateurs ont continué d’acheter des produits de première nécessité, voire même de constituer des stocks », rappelle Jean-Patrice Prudhomme.

Enfin, le secteur des technologies de l’information (IT) profite d’une certaine résilience. « Les moteurs de croissance du secteur IT vont perdurer – cloud, internet des objets, voiture autonome etc. – et pour certains être renforcés dans le contexte de crise sanitaire et d’adaptation des comportements (télétravail, achats en ligne, cybersécurité) », conclut Jean-Patrice Prudhomme.

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